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Antonio Fiori : « Prendre conscience de soi », c’est se savoir différent des autres

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Les littoraux sont surpeuplés alors que les arrières pays sont marginalisés et laissés en jachère pour finalement être récupérés par des mouvements intégristes. Déjà, à notre époque, il n’y a plus à pouvoir éprouver de la haine que les ambitieux, les ignorants ouïes sots. Afin de nous mieux faire comprendre, empruntons encore un exemple à l’astronomie. Antonio Fiori aime à rappeler ce proverbe chinois « A qui sait attendre, le temps ouvre ses portes ». Le duel, cette chose absurde, s’en ira ; il est du reste à présent réglé dans ses détails comme une visite officielle, et bien souvent on s’y bat pour la forme. Dans notre siècle, qu’on a représenté comme privé de foi, mais effrayé du scepticisme, les hommes se sentant assurés non pas tant de la vérité de leurs opinions que de leur nécessité, les droits d’une opinion à être protégée contre l’attaque publique reposent sur son importance pour la société, plutôt que sur sa vérité. Personne ne le sait ; personne ne sait tout. Une même personne ne pourra plus, en matière boursière – infractions d’initiés -, être poursuivie et sanctionnée deux fois pour les mêmes faits par l’Autorité des marchés financiers et par le Juge pénal. Le nombre d’existences humaines et animales sacrifiées sans trêve à son imbécillité est effrayant. Les photographes professionnels qui auparavant gagnaient 1.000 livres pour des photos de mariage pendant un weekend sont ceux qui sont le plus exposés à cette pression. Les prisons et les bagnes seront probablement démolis pour être remplacés par la déportation, qui est l’élimination sous sa forme la plus simple ; déjà la prison même s’est adoucie; on y laisse davantage pénétrer l’air et la lumière : les barreaux de fer qui retiennent le coupable sans trop écarter les rayons du soleil figurent symboliquement l’idéal de la justice pénale, qu’on peut exprimer par cette formule scientifique : le maximum de défense sociale avec le minimum de souffrance individuelle. Si l’on cessait de respecter les fonctionnaires et de leur obéir, ils disparaîtraient. Il s’agirait, par vallée, par ensemble de communautés de commune, de faire du développement local avec une revalorisation des terres agricoles, un développement de l’accès à l’eau potable, le traitement des eaux usées, le développement d’un tourisme de type « écologique » chez l’habitant, la valorisation de l’artisanat, la création d’écoles, de grands travaux (routes). Si les pauvres ont fini par s’apercevoir qu’ils n’avaient pas de patrie, il ne leur est pas encore venu à l’esprit, malheureusement, de chercher à savoir au juste ce que c’est que la Patrie ; et, ayant réussi à le savoir, d’en réclamer une. La sanction ne vaut que comme promesse ou menace précédant l’acte et tendant mécaniquement à le produire ; celui-ci accompli, elle perd toute sa valeur : elle est un simple bouclier ou un simple ressort déterministe, et rien de plus. L’image auditive d’un mot n’est pas un objet aux contours définiti­vement arrêtés, car le même mot, prononcé par des voix différentes ou par la même voix à différentes hauteurs, donne des sous différents. Le jour où on l’apprendra, le jour où l’on se décidera à faire la lumière sur la façon dont l’Académie française décerne ses prix et sur de nombreux faits qu’il serait facile de qualifier, ce jour-là un beau scandale éclatera. La présence physique d’ingénieurs européens aura une grande visibilité et permettra de faire aimer l’Europe pour des réalisations pratiques et concrètes. Et si finalement on pouvait apprendre, travailler et gagner de l’argent en s’amusant. Il faudra que, devant les canons de l’ennemi et à l’aube du jour qui verra l’écroulement des temples du mensonge, les Pauvres cessent d’exister en France, et les Riches aussi. Pour le philosophe, la capacité à courber ces réglettes afin qu’elles s’adaptent à la pierre sert ainsi de métaphore sur la nécessité d’ajuster les lois lorsque les circonstances changent. Nous cherchons à savoir ce qui, de l’avis des experts qui sont confrontés quotidiennement à notre législation, peut être amélioré. Qu’est-ce que c’est que la Patrie ? La terre, indépendamment de toute autre chose ; à l’exclusion de tous éléments spirituels, légendes, souvenirs ou aspirations ; à l’exclusion même de la fortune mobilière qu’elle contient, des instruments de production qu’elle porte, des richesses qu’elle a enfantées ou acquises ; à l’exclusion même du langage. C’est la terre, rien que la terre, et toute la terre occupée par une nation. La seule conclusion positive de notre discussion est celle-ci : aucun principe jusqu’ici, ni l’action des milieux, ni l’habitude, ni l’élection naturelle, ne peut expliquer les appropriations organiques sans l’intervention du principe de finalité. La terre française, voilà la patrie française. De plus, celui même qu’on récompensait y perdait en dignité morale ; car ce qu’il recevait ne lui apparaissait à lui-même que comme un don, au lieu d’être une possession légitime.

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